By 

Le 8 mars n’est pas la journée de la femme


En me rendant au travail hier, j’ai entendu à la radio qu’il n’y avait jamais eu de femme Premier Ministre en Belgique. Ma surprise d’entendre que dans un pays libre, démocratique et ouvert aucune femme n’avait jamais eu accès à la position la plus élevée de l’état m’a amenée à réfléchir.

Si dans un pays comme la Belgique les femmes n’ont pas encore un accès équitable à des postes importants (en 2014, 60% des diplômes étaient obtenus par des femmes et pourtant seulement 6% d’entre elles étaient à des postes managériaux et 2% au poste de PDG…) comment des femmes qui vivent dans des pays où elles ne sont pas considérées comme l’égale des hommes au sein même de leurs familles, et où elles n’ont pas forcément accès à l’éducation, auraient-elles un jour la chance d’avoir une voix dans leur société ?

La semaine passée, un parlementaire européen a déclaré que les femmes devraient gagner un salaire inférieur à celui des hommes car elles sont « plus faibles, plus petites et moins intelligentes ». Une enquête a été ouverte pour décider s’il recevrait une amende ou une suspension temporaire. Ce qui m’inquiète le plus n’est pas le fait que malgré ses propos sexistes (et autres propos racistes et xénophobes qu’il a tenus à plusieurs reprises au sein de l’hémicycle parlementaire) il n’ait pas été démis de ses fonctions sur-le-champ, mais le fait qu’il ait été élu de façon démocratique et que donc une bonne partie de la population européenne qu’il représente pense comme lui.

5 pays européens interdisent ou limitent fortement le droit à l’avortement ; la Pologne, l’Irlande, Chypre, Andorre et Malte. En Finlande l’avortement est autorisé sous certains critères (avant 17 ans ou après 40 ans, ou après 4 enfants, ou problèmes de santé, ou difficultés économiques et sociales justifiées) ; en Italie l’IVG est légale mais 70% des médecins se disent « objecteurs de conscience » et refusent de la pratiquer.

Une femme sur trois a déjà subi des agressions physiques ou sexuelles depuis l’âge de 15 ans ; 50 femmes meurent chaque semaine des conséquences de la violence domestique ; 75% des femmes à un poste managérial élevé ont subi du harcèlement sexuel sur leur lieu de travail ; une femme sur quatre subit des violences physiques ou sexuelles pendant sa grossesse.

D’après le World Economic Forum, aucun pays au monde n’a encore atteint l’égalité homme/femme et il faudra près de 118 ans pour y arriver. L’Organisation Internationale du Travail estime qu’il en faudra 70…

A l’échelle mondiale, les femmes gagnent en moyenne 23% de moins que les hommes (environ 20% en Belgique – sur base d’un salaire annuel – et 26% en France).

Tous ces chiffres sont là pour nous montrer que les droits durement acquis des femmes ne sont pas garantis et qu’il faut rester vigilantes.

A l’heure où des régressions ont lieu des deux côtés de l’Atlantique, nous devons nous battre pour chaque action, aussi petite soit-elle, qui risque de nous priver de nos droits les plus fondamentaux. Le droit à l’éducation, le droit à la sécurité dans la rue et à la maison, le droit à un salaire équitable, le droit à une IVG sont des droits pour lesquels nous ne devrions plus avoir à nous battre, et pourtant ils sont loin d’être acquis.

Alors non, le 8 mars n’est pas le jour de la femme. C’est la journée internationale de lutte des femmes, pour l’égalité des droits, telle que proposée par Clara Zetkin en 1910.

Donc quand on nous envoie un bon de 10% de réduction pour acheter des soutien-gorges, si nous demandions à cette marque si ses employées féminines sont payées le même salaire que leurs collègues masculins ? Ou si elles ne sont pas freinées dans leur carrière quand elles tombent enceintes? Voilà une fiche de suggestion que j’aimerais lire !  😉

 

Que faire pour agir ?

  • Soutenez des associations qui agissent sur le terrain
  • Boycottez les actions qui réduisent le 8 mars à une fête « girly » et dépourvue de sens
  • Participez à des conférences, réunions de femmes ou organisez un dîner ou un thé entre femmes pour discuter. C’est fédérateur et ça fait du bien.
  • Soutenez des femmes qui agissent et partagez leurs actions


Mais surtout, rappelez-vous que le combat ne dure pas le temps d’une journée.


Si vous avez envie d’agir, voici quelques projets qui mériteraient votre attention et votre soutien :

Yes she can : vise à promouvoir les études d’ingénieur civil auprès des jeunes filles de l’enseignement secondaire et à sensibiliser la société au sujet de l’importance de la diversité des genres dans les écoles d’ingénieurs.

Suivez le projet sur : https://www.facebook.com/yesshecanpolytech/

Touche pas à ma pote : campagne contre le harcèlement de rue et le sexisme au quotidien. Lancée par ELLE Belgique, c’est aujourd’hui une asbl.

Suivez les sur : https://www.facebook.com/TPAMPbelgique/

L’églantier : ASBL qui aide des femmes avec ou sans enfants, pour un hébergement temporaire et/ou un accompagnement adapté.

Faites un don : https://vivre-ensemble.be/L-Eglantier
Malala Fund : Le fond Malala, présidé par Malala Yusufzai, soutien l’éducation des filles à travers le monde.

Soutenez-les sur : https://www.malala.org

Et il y en a encore plein d’autres!

Avez-vous des projets similaires que vous soutenez déjà ? Si oui, parlez-en dans les commentaires ci-dessous ! Ensemble nous sommes plus fortes 😉

 

 

 

Sources :

www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/10/06/en-europe-six-pays-interdisent-l-avortement_5009296_4355770.html#VuZUg4arsMhrezys.99

https://www.weforum.org/events/world-economic-forum-annual-meeting-2017

http://www.indicators.be/fr/i/BGD_SLP_GPG/Écart_salarial_entre_les_hommes_et_les_femmes

http://www.womenlobby.org/-ewl-observatory-on-violence-?lang=fr#

http://8mars.info

Salima
About me

Salima, presque 40 ans (encore une année de répit…), rêveuse chronique. Dans la vraie vie je fais de la comm’ dans un bureau. Dans ma vie à moi j’ai repris des études de nutrition. Cuisiner et manger sont des passions que je cultive avec amour, et la cuisine santé est devenue mon dada après avoir été diagnostiquée d’une candidose chronique en 2012. Mon truc c’est de réussir à faire manger à ma famille des repas sains et gourmands à la fois et de transmettre aux enfants un véritable savoir alimentaire. Mon objectif, faire que tous les enfants aient une véritable connaissance de l’alimentation afin de leur permettre de faire les meilleurs choix par eux-mêmes et que la nourriture soit ce qu’elle doit être : le carburant d’une vie saine.

YOU MIGHT ALSO LIKE

Une Saint-Valentin cocoon… Vous avez entendu parler du hygge?
February 09, 2017
Menu de Noël végétarien
December 14, 2016
Noël, cette année, c’est zéro stress!
December 11, 2016

Leave a comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *